Analyse de marché

Le prix des maisons va-t-il baisser au Québec?

Par Georges Matar · · 10 min de lecture

Le prix des maisons va-t-il baisser au Québec?

Au 3e trimestre 2026, le prix médian de l’unifamiliale a monté de 2 % au Québec comme dans la région métropolitaine de Montréal, pendant que les ventes reculaient et que l’offre grimpait de 17 % à 20 %. Personne ne connaît la suite. La SCHL et l’APCIQ publient des prévisions datées, qu’elles ont révisées en cours d’année. Voici les données, ces prévisions, les signaux qui précèdent une baisse et ce que coûte le fait d’attendre.

Le prix des maisons a-t-il baissé au 3e trimestre 2026?

Pas en médiane. Selon le communiqué de l’APCIQ du 14 octobre 2026, le prix médian a atteint au Québec 500 000 $ pour l’unifamiliale (+2 %), 400 000 $ pour la copropriété (stable) et 699 000 $ pour le plex (+8 %). Dans la RMR de Montréal: 645 500 $ (+2 %), 435 000 $ (+2 %) et 860 500 $ (+3 %). Les ventes de la RMR, elles, ont reculé de 12 %, un quatrième recul trimestriel consécutif.

Même trimestre, territoire par territoire:

TerritoireUnifamilialeCopropriétéPlex
Laval630 000 $ (+5 %)439 999 $ (+3 %)890 000 $ (+2 %)
Île de Montréal812 000 $ (+2 %)477 000 $ (0 %)902 500 $ (+3 %)
Montréal (Rive-Sud)645 000 $ (0 %)407 500 $ (+1 %)800 000 $ (+3 %)
Longueuil, Vieux-Longueuil625 000 $ (0 %)398 500 $ (+5 %)840 000 $ (+2 %)
Laurentides573 750 $ (+5 %)385 000 $ (0 %)655 000 $ (+5 %)
Lanaudière518 250 $ (+4 %)363 000 $ (0 %)670 000 $ (+11 %)

Source: statistiques immobilières de Centris pour Laval, l’île de Montréal, Montréal (Rive-Sud), Le Vieux-Longueuil, les Laurentides et Lanaudière, juillet à septembre 2026, prix médians et variation sur un an.

Aucune des 18 cases ne recule, et cinq sont à 0 %. Le plateau touche surtout la copropriété (île de Montréal, Laurentides, Lanaudière) et l’unifamiliale de la Rive-Sud. La hausse de 11 % du plex dans Lanaudière repose sur 61 ventes.

La baisse existe ailleurs au Québec. Dans la RMR de Gatineau, selon l’APCIQ, le prix médian de l’unifamiliale a reculé de 3 % et celui de la copropriété de 5 %.

Prix médian, prix moyen, indice: pourquoi les chiffres divergent

La médiane suit les ventes, pas les maisons. C’est le prix du milieu des propriétés vendues pendant la période. Si davantage de grandes maisons se vendent un trimestre, elle monte sans qu’aucune maison ait pris de valeur. L’APCIQ l’écrit dans les définitions de son baromètre: l’évolution du prix médian entre deux périodes « ne reflète pas nécessairement l’évolution de la valeur de l’ensemble des propriétés d’un Secteur ».

Trois périodes, deux directions. Sur l’île de Montréal, la médiane de l’unifamiliale était de 779 000 $ en septembre 2026, 4 % de moins qu’un an plus tôt, selon les statistiques mensuelles de l’APCIQ. Au trimestre, son baromètre donne 811 000 $ (+2 %; la page Centris affiche 812 000 $). De janvier à septembre: 820 000 $ (+4 %). Une manchette sur septembre aurait annoncé une baisse.

Le prix moyen de la SCHL est une autre mesure. Les prévisions de la SCHL pour la RMR de Montréal portent sur un prix moyen de revente, toutes catégories confondues: 651 873 $ en 2025. Une moyenne qui mélange copropriétés et maisons recule si la part des copropriétés vendues augmente, même quand aucun prix ne bouge. Elle ne se compare donc pas à une médiane d’unifamiliale.

Un indice à qualité constante suivrait des propriétés comparables. Ni le baromètre de l’APCIQ ni les Perspectives de la SCHL consultés ici n’en publient pour Montréal ou Laval. Avant de conclure à une baisse, vérifiez la mesure, la période et le nombre de ventes.

Ce que prévoient la SCHL et l’APCIQ, et ce que vaut une prévision

Deux organismes, quatre éditions en 2026:

Prévision, date de publicationTerritoire et mesurePour 2026
APCIQ, 27 janvier 2026Québec, médiane unifamiliale520 200 $ (+6 %)
APCIQ, 27 janvier 2026RMR de Montréal, médiane unifamiliale645 000 $ (+4 %)
APCIQ, 27 janvier 2026RMR de Montréal, médiane copropriété425 100 $ (0 %)
APCIQ, 14 juillet 2026Québec, médiane unifamiliale+5 %
SCHL, 10 février 2026RMR de Montréal, prix moyen661 000 à 683 000 $
SCHL, 22 juillet 2026RMR de Montréal, prix moyen675 400 $

Sources: communiqués de l’APCIQ du 27 janvier et du 14 juillet 2026; Perspectives du marché de l’habitation 2026 de la SCHL et leur mise à jour de l’été 2026.

Après 2026, la SCHL publie deux scénarios. Dans son scénario de référence, le prix moyen de la RMR de Montréal passe à 685 000 $ en 2027 et à 692 000 $ en 2028. Dans son « autre scénario », bâti sur une inflation qui resterait élevée ou des tensions commerciales accrues, il descend à 669 100 $ en 2027 et à 665 900 $ en 2028, sous le niveau prévu pour 2026. Pour le Québec, la mise à jour de juillet prévoit « de modestes hausses des prix »; en février, la SCHL écrivait: « À partir de 2027, les prix devraient se stabiliser », sauf dans la région de Québec.

L’APCIQ, le 14 octobre 2026: « Au Québec, la demande diminue, mais c’est insuffisant pour entraîner une baisse généralisée des prix ». C’est l’analyse de l’Association, pas une mesure.

Ce que vaut une prévision. Après neuf mois, la médiane unifamiliale de la RMR est de 645 000 $ (+4 %), le chiffre prévu en janvier. Celle du Québec, 514 000 $ (+5 %), reste sous les 520 200 $ annoncés, mais au rythme de la révision de juillet. Les ventes ont moins bien suivi: -8 % dans la RMR, pour -3 % prévu. La SCHL date ses chiffres: information disponible au 15 janvier, puis au 23 juin 2026. Une prévision est un scénario daté, pas une promesse, et je n’en ajoute aucune.

Les signaux qui précèdent une baisse des prix des maisons

À Gatineau, le recul des médianes est arrivé après quatre trimestres consécutifs de baisse des ventes et cinq trimestres de hausse de l’offre: 2 256 propriétés inscrites au 3e trimestre 2026, 42 % de plus qu’un an plus tôt. La copropriété y est désormais en marché équilibré, selon l’APCIQ. Les mêmes indicateurs se suivent pour Montréal:

SignalOù le lireRMR de Montréal, dernière valeur
Inscriptions en vigueurStatistiques mensuelles de l’APCIQ21 793 en septembre 2026 (+20 %)
Inventaire contre sa moyenne de 10 ansCommuniqué mensuel de l’APCIQ18 % au-dessus en septembre 2026
Mois d’inventaire, unifamilialeBaromètre trimestriel de l’APCIQ2,4 à 7,6 selon la gamme de prix
Délai de vente, copropriétéBaromètre de l’APCIQ, Centris61 jours (+13) au 3e trimestre
Baisses du prix demandéCommuniqué trimestriel de l’APCIQ« Davantage » observées, sans chiffre publié

Le seuil à surveiller. L’APCIQ classe un marché favorable aux vendeurs sous 8 mois d’inventaire, équilibré de 8 à 10, favorable aux acheteurs au-delà de 10. Ses définitions ajoutent qu’en marché équilibré, « la croissance des prix est généralement modérée ». Dans la RMR, toutes les gammes de prix de l’unifamiliale restaient sous 8 mois au 3e trimestre 2026.

Ce qu’aucun signal ne dit. Ni la date ni l’ampleur d’une baisse. Les mois d’inventaire couvrent les 12 derniers mois: ils décrivent un passé récent.

Une baisse pour qui: copropriété, unifamiliale, plex et secteurs

Une baisse générale n’est pas une baisse dans un segment, et les segments se détendent à des vitesses inégales.

La copropriété est la plus avancée. Selon l’APCIQ, ses conditions sur l’île de Montréal se situent « à la frontière entre le marché équilibré et l’avantage des acheteurs », et le périmètre du centre-ville ainsi que le secteur sud-ouest sont « déjà en surplus ». Laval se rapproche des seuils d’équilibre; la Rive-Nord et la Rive-Sud restent à l’avantage des vendeurs. Le détail lavallois est dans le marché immobilier de Laval par secteur.

Le haut de gamme se détend avant l’entrée de gamme. Dans la RMR, l’unifamiliale de 320 000 à 480 000 $ comptait 2,4 mois d’inventaire, celle de 960 000 $ et plus, 7,6 mois. Sur l’île, à 1 220 000 $ et plus: 9,1 mois, en équilibre. À Vaudreuil-Soulanges, à 940 000 $ et plus: 11,2 mois, à l’avantage des acheteurs. Ce segment est détaillé dans le marché haut de gamme à Montréal et à Laval.

Le plex monte encore: +8 % au Québec et +3 % dans la RMR au trimestre.

Les petits marchés bougent fort, sur peu de ventes. Dans les Laurentides, la médiane de la copropriété affiche -38 % à Mont-Tremblant, sur 50 ventes, et celle de l’unifamiliale -7 % à Sainte-Agathe-des-Monts, sur 81 ventes. L’APCIQ demande d’interpréter ces statistiques « avec prudence, en particulier lorsque le nombre de transactions est faible ».

Attendre une baisse: le calcul pour un acheteur et pour un vendeur

Pour un acheteur, une baisse se compare à ce que l’attente coûte. Dans la RMR, un point de pourcentage sur la médiane de l’unifamiliale, 645 500 $, vaut 6 455 $; sur celle de la copropriété, 435 000 $, il vaut 4 350 $. En face, un an de loyer moyen d’un deux-chambres dans la RMR, 1 346 $ par mois selon l’enquête de la SCHL d’octobre 2025, représente 16 152 $. Les deux montants ne s’opposent pas directement: un propriétaire paie aussi des intérêts, des taxes et l’entretien. Le calculateur louer ou acheter met ces postes côte à côte avec vos propres chiffres, et le calcul louer ou acheter dans le Grand Montréal explique lesquels comparer.

Le taux pèse aussi. La SCHL prévoit un taux fixe affiché de 5 ans de 5,2 % en moyenne en 2026 et de 5,4 % en 2027, une prévision elle aussi. Au 21 octobre 2026, le taux directeur est de 2,25 %; la prochaine annonce de la Banque du Canada est prévue le 28 octobre. Pour votre taux, voyez un courtier hypothécaire.

Pour un vendeur qui rachète, c’est l’écart qui compte. Vendre une copropriété au prix médian de la RMR, 435 000 $, pour acheter une unifamiliale à 645 500 $, c’est un écart de 210 500 $. Une baisse uniforme de 5 %, simple hypothèse de calcul, le ramènerait à 199 975 $; une hausse uniforme de 5 % le porterait à 221 025 $. Or les segments ne bougent pas ensemble, on l’a vu. Pour un vendeur qui ne rachète pas, le prix touche tout le montant, et chaque mois d’attente ajoute taxes, intérêts et assurance.

Questions fréquentes

Est-ce que le prix des maisons va baisser au Québec en 2027? Aucune source ne le dit avec certitude. Pour la RMR de Montréal, la SCHL prévoit un prix moyen de 685 000 $ en 2027 dans son scénario de référence, et de 669 100 $ dans son autre scénario. Au 21 octobre 2026, aucune prévision de l’APCIQ pour 2027 ne figure sur son site.

Les prix des maisons au Québec vont-ils continuer d’augmenter? Au 3e trimestre 2026, ils montent encore, lentement: +2 % pour la médiane de l’unifamiliale. L’APCIQ juge le recul de la demande insuffisant pour une baisse généralisée; la SCHL prévoit de modestes hausses au Québec. Ce sont des prévisions.

Y a-t-il une baisse des prix de l’immobilier à Montréal? Cela dépend de la mesure. Sur l’île, la médiane de l’unifamiliale a reculé de 4 % en septembre, mais elle monte de 2 % au trimestre. Pour la copropriété, l’APCIQ place le centre-ville et le sud-ouest en surplus.

Faut-il attendre une baisse pour acheter? Faites le calcul avec vos chiffres: votre loyer, le taux offert, la catégorie et le secteur visés. Sur une unifamiliale au prix médian de la RMR, un point de baisse vaut 6 455 $.

Pour compléter, lisez ce que les données disent d’un krach immobilier à Montréal et le marché immobilier à Montréal par arrondissement.


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Georges Matar
Georges Matar

Courtier Immobilier Résidentiel · RE/MAX DU CARTIER INC.

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