
Première rencontre courtier immobilier: les documents
La plupart des vendeurs arrivent à ce rendez-vous les mains vides, en pensant qu’on va surtout parler de …
Guide pratique

Votre avertisseur de fumée respecte le règlement de votre ville. Cela ne dit rien de ce que votre assureur attend de vous. Deux séries d’obligations se superposent ici, et la plupart des propriétaires ne connaissent que la première. Voici les deux, à Montréal et à Laval, et le point où elles se rejoignent: après un sinistre.
La ville fixe un plancher de sécurité et le fait respecter par une amende. L’assureur, lui, tarife un risque. Parmi les sept facteurs qui déterminent votre tarif, le Bureau d’assurance du Canada place les particularités du domicile, où il demande textuellement: « Est-elle munie d’un système d’alarme antivol et de détecteurs d’incendie ou de monoxyde de carbone? Permettent-ils une surveillance à distance activée? »
Aucun règlement municipal n’exige une surveillance à distance. Aucun assureur n’envoie de constat d’infraction. Vous devez satisfaire les deux.
À Montréal. Le Règlement sur le Service de sécurité incendie de Montréal (RCG 12-003) oblige l’installation de l’avertisseur, son entretien et son bon état de fonctionnement. Tous les logements doivent en avoir au moins un par étage, sous-sol compris. Pour les bâtiments construits après juin 2015, un avertisseur doit aussi se trouver dans chaque pièce où l’on dort et entre ces pièces et le reste de l’étage.
L’emplacement est précis: au plafond ou entre 10 et 30 cm de celui-ci, et au centre du corridor si l’étage comporte des chambres. Dans l’agglomération, les bâtiments résidentiels construits avant 1985 doivent être munis d’avertisseurs au lithium à pile inamovible de 10 ans, sauf s’ils ont déjà des avertisseurs électriques 120 volts.
Un détail que presque personne ne connaît: dans les édifices à logements, les maisons de chambres et les copropriétés, le bon fonctionnement des avertisseurs doit être vérifié et consigné dans un registre au moins une fois par année.
À Laval. Le règlement L-12137 exige un avertisseur fonctionnel à chaque étage d’une habitation ou d’un logement. Dans les bâtiments résidentiels, la pile au lithium inamovible de 10 ans est obligatoire en remplacement de la pile 9 volts. Et dans les bâtiments construits après 1985, tous les avertisseurs doivent être branchés électriquement selon le Code de construction du Québec.
La date de fabrication, pas la date d’achat. Les deux villes disent la même chose: l’avertisseur se remplace 10 ans après la date de fabrication inscrite sur le boîtier, et sans délai si aucune date n’y figure. Le chapitre Bâtiment du Code de sécurité de la Régie du bâtiment du Québec impose la même échéance.
| Montréal | Laval | |
|---|---|---|
| Règlement | RCG 12-003 | L-12137 |
| Minimum | 1 par étage, sous-sol inclus | 1 par étage |
| Pile lithium 10 ans | Résidentiel d’avant 1985 | Remplacement du 9 volts |
| Registre annuel | Logements, chambres, condos | Non prévu au règlement |
| Amende, personne physique | 80 $ à 2 000 $ | 400 $ à 1 000 $ |
| Amende, personne morale | 1 000 $ à 4 000 $ | 600 $ à 2 000 $ |
Les montants ci-dessus visent une première infraction. À Laval, deux cas ont leur propre tarif: 80 $ pour le locataire qui n’entretient pas son avertisseur, et 250 $ pour l’absence de pile inamovible au lithium. La Ville précise aussi que l’amende s’applique pour chaque logement ou pièce visé. Dans un triplex, la multiplication change l’ordre de grandeur.
Le monoxyde de carbone se dégage quand un appareil brûle un combustible: gaz naturel, propane, mazout, bois, essence. Incolore et inodore, il ne se détecte qu’avec un avertisseur.
À Laval, toute propriété doit en être munie lorsqu’il y a un appareil à combustion ou un accès direct à un garage de stationnement intérieur, et dans un immeuble à plusieurs logements, le propriétaire doit en installer un dans chacun des logements. À Montréal, le Service de sécurité incendie formule la même règle pour les bâtiments résidentiels, locatifs, supervisés ou destinés aux personnes âgées, et recommande un appareil portant le sceau d’un organisme reconnu comme CSA, ULC, cUL ou cETL.
Au provincial, le chapitre Bâtiment du Code de sécurité retient le même déclencheur et exige un dispositif conforme à la norme CAN/CSA-6.19 muni d’une alarme intégrée. Attention à la portée: ce chapitre vise les immeubles à logements, les copropriétés, les hôtels, les motels et les maisons de chambres, pas la maison unifamiliale détachée. Pour celle-ci, c’est le règlement municipal qui décide, et il diffère d’une ville à l’autre.
Le partage est écrit dans le bail. Le formulaire obligatoire du Tribunal administratif du logement contient cette phrase à la section B: « Le locateur et le locataire s’engagent, selon les responsabilités de chacun, à respecter la réglementation relative à la présence et au bon fonctionnement d’un ou des avertisseurs de fumée dans le logement et dans l’immeuble. »
Le locateur doit délivrer le logement en bon état d’habitabilité et respecter les lois relatives à la sécurité et à la salubrité, en vertu des articles 1854, 1910, 1911 et 1912 du Code civil. Le locataire doit respecter ces mêmes lois et aviser d’une défectuosité, selon l’article 1866.
Concrètement, Montréal parle d’une responsabilité partagée: le propriétaire fournit et installe aux endroits requis, l’occupant entretient et vérifie l’appareil avec le bouton d’essai une fois par mois. Laval ajoute que le locataire doit informer le propriétaire de toute absence ou défectuosité, et tranche la question des piles pour le monoxyde de carbone: l’occupant maintient l’appareil en état, le propriétaire le remplace lorsqu’il est défectueux.
Ces visites découlent du schéma de couverture de risques, et le ministère de la Sécurité publique en fixe le contenu minimal.
Sept éléments doivent au minimum être vérifiés sur chaque avertisseur: la certification par un organisme reconnu comme l’ACNOR ou ULC, la date de fabrication, le nombre exigé, l’état de l’appareil, non peint et non altéré, l’emplacement, le fonctionnement et l’alimentation primaire et secondaire. Le guide recommande fortement d’ajouter l’avertisseur de monoxyde de carbone dès qu’un risque existe: chauffage au bois, cuisson au gaz, garage attenant.
Deux précisions pratiques. La périodicité du programme ne doit pas dépasser sept ans, et le ministère recommande un maximum de cinq: la visite n’est pas annuelle. Elle se fait à des heures raisonnables, le Code municipal parlant de 7 h à 19 h, et les non-conformités doivent vous être expliquées avant que la personne quitte les lieux.
Si vous achetez, la séquence complète des vérifications avant l’offre est rassemblée dans le guide de l’acheteur.
Ici, on change de registre. Avant de conclure le contrat, et au renouvellement, vous devez communiquer à l’assureur toutes les informations pertinentes qui peuvent influencer sa décision d’assurer et le montant de la prime. C’est une obligation de déclaration, pas une obligation d’équipement.
Éducaloi décrit la sanction avec précision. En cas de fausse déclaration, l’assureur n’aura pas à vous indemniser s’il démontre que vous avez volontairement menti ou qu’il aurait refusé de vous assurer en connaissant la vérité. Sinon, vous êtes indemnisé, mais moins que si la déclaration avait été exacte. Vous devez aussi l’informer d’une situation que vous avez créée et qui aggrave le risque: il peut alors ajuster la prime, et vous avez 30 jours pour l’accepter, sinon l’assurance prend fin.
Notez ce que cela ne dit pas. Un avertisseur manquant n’annule pas automatiquement une couverture. La question, après un sinistre, sera de savoir ce que vous aviez déclaré et ce que votre contrat exigeait de vous. L’Autorité des marchés financiers rappelle que le contrat peut imposer des obligations concrètes de réduction du risque, et que les exclusions se lisent dans la police, pas dans le règlement municipal. La seule bonne adresse pour trancher votre cas, c’est votre assureur.
Le levier positif existe aussi. Le BAC écrit que l’installation de dispositifs de prévention des sinistres peut réduire vos primes, et qu’il faut appeler votre assureur quand vous mettez à jour les systèmes de protection de la maison. L’AMF ajoute une mise en garde utile: demandez le montant du rabais avant d’installer l’équipement. Et une phrase du BAC résume le malentendu de départ: « l’assurance habitation n’est pas un contrat d’entretien ». Les durées de vie sont dans le coût d’entretien d’une maison au Québec.
Voici le trou que je signale à chaque acheteur. Le formulaire obligatoire Déclarations du vendeur sur l’immeuble (DV 00001, version 06/2022) ne contient aucune question sur les avertisseurs de fumée ni sur ceux de monoxyde de carbone. Il pose la question D14.1 sur les dommages subis à la suite d’un incendie, et c’est tout. Personne ne déclarera pour vous l’âge des appareils.
Trois vérifications prennent cinq minutes à la visite. Lisez la date de fabrication au dos du boîtier. Comptez les appareils par étage, sous-sol compris. Et s’il y a un appareil à combustion ou un garage attenant, cherchez l’avertisseur de monoxyde de carbone. Dans un plex montréalais, demandez en plus le registre annuel.
Ce que l’inspecteur regarde poste par poste est dans la liste de l’inspection préachat, et ce qui fait hésiter un assureur sur une adresse précise dans maison difficile à assurer au Québec.
Je viens d’acheter. Dois-je remplacer les avertisseurs? Regardez la date de fabrication sur le boîtier. À Montréal comme à Laval, tout avertisseur se remplace 10 ans après cette date, et immédiatement si aucune date n’est lisible. Dans l’agglomération de Montréal, un bâtiment résidentiel d’avant 1985 doit passer au lithium à pile inamovible, sauf s’il a déjà des avertisseurs électriques 120 volts.
Mon locataire a retiré la pile. Qui est en faute? Les deux villes parlent d’une responsabilité partagée, et le bail du Tribunal administratif du logement l’inscrit noir sur blanc. À Laval, le locataire qui n’entretient pas son avertisseur s’expose à 80 $ pour une première infraction. Le propriétaire, lui, reste tenu de fournir et d’installer.
Est-ce que l’assureur peut refuser de payer si l’avertisseur était mort? Ce n’est pas automatique, et personne ne peut répondre à la place de votre assureur. La règle vise la fausse déclaration et l’aggravation du risque, pas l’équipement en soi. Lisez vos conditions particulières, puis appelez votre représentant avant un sinistre.
Un avertisseur de monoxyde de carbone est-il obligatoire dans une maison unifamiliale? À Laval, oui, dès qu’il y a un appareil à combustion ou un accès direct à un garage de stationnement intérieur, et le Service de sécurité incendie de Montréal formule la même condition. Le chapitre Bâtiment du Code de sécurité, lui, ne vise pas la maison unifamiliale détachée: c’est donc votre ville qui tranche.
Pour compléter, lisez les coûts cachés de la propriété et gérer des propriétés locatives.
Vous achetez un plex et vous vous demandez ce qui vous sera reproché après la signature? Écrivez-moi: on regarde ensemble les registres et les équipements à exiger du vendeur.

Courtier Immobilier Résidentiel · RE/MAX DU CARTIER INC.
Contacter Georges
La plupart des vendeurs arrivent à ce rendez-vous les mains vides, en pensant qu’on va surtout parler de …

Un livreur glisse dans votre entrée. Une plaque de glace se détache de votre corniche et bosselle l’auto …

La maison d’en face s’affiche à 749 000 $, alors vous concluez que la vôtre vaut à peu près la même …