Guide de l'acheteur

Inspection préachat au Québec: combien ça coûte et quand la faire

Par Georges Matar · · 5 min de lecture

Inspection préachat au Québec: combien ça coûte et quand la faire

L’inspection préachat génère plus de questions que n’importe quelle autre étape de l’achat. Voici les réponses, dans l’ordre où les acheteurs se les posent.

Combien ça coûte

Au Québec, une inspection résidentielle pour une propriété unifamiliale de taille normale se situe généralement entre 500 et 900 dollars, taxes comprises.

Le prix monte selon:

Ces tests supplémentaires ne sont pas inclus dans l’inspection de base. Le test de pyrite, en particulier, est souvent recommandé dans certains secteurs de la région de Montréal et se facture à part.

C’est une dépense qui paraît importante au moment où vous êtes déjà en train de vider vos économies pour la mise de fonds. Rapportée au prix de la propriété, elle représente environ un dixième de un pour cent.

Qui paie

L’acheteur, dans presque tous les cas. C’est vous qui engagez l’inspecteur, c’est vous qui le payez, et le rapport vous appartient.

C’est important: le rapport est votre document. Vous n’êtes pas tenu de le remettre au vendeur, sauf si vous vous en servez pour renégocier ou pour vous retirer, auquel cas il faudra généralement en fournir la partie pertinente.

Méfiez-vous d’une inspection payée ou fournie par le vendeur. Ce n’est pas nécessairement malhonnête, mais l’inspecteur a été choisi par l’autre partie. Si le vendeur vous présente un rapport existant, lisez-le, puis faites la vôtre quand même.

Avant l’offre ou après?

C’est la vraie question, et la réponse est: après l’offre, mais avec une condition d’inspection.

Voici pourquoi. Au Québec, la façon normale de procéder est de faire une promesse d’achat conditionnelle à une inspection satisfaisante. Vous disposez alors d’un délai, généralement de sept à dix jours, pour faire inspecter la propriété. Si le rapport révèle un problème important, vous pouvez renégocier le prix, exiger des correctifs, ou vous retirer sans pénalité.

Faire inspecter avant de déposer une offre pose deux problèmes. D’abord, le vendeur n’a aucune obligation de vous laisser entrer avec un inspecteur alors que rien n’est signé. Ensuite, vous payez 700 dollars pour une propriété que vous risquez de ne pas obtenir, surtout s’il y a plusieurs offres.

Il y a une exception. Dans un contexte de surenchère où plusieurs acheteurs se disputent la même propriété, certains vendeurs organisent une période d’inspection avant la date de réception des offres, précisément pour que tout le monde puisse déposer une offre sans condition. Si on vous offre cette possibilité, prenez-la.

Peut-on faire venir un inspecteur à la première visite?

Non, et ce n’est pas une bonne idée de le demander.

Une visite est une visite. L’inspection est un travail de deux à trois heures qui nécessite l’accès au sous-sol, au grenier, au panneau électrique, aux salles mécaniques. Aucun vendeur n’accepte ça pendant une visite de trente minutes, et le courtier inscripteur refusera.

Ce que vous pouvez faire à la première visite, c’est regarder attentivement par vous-même: traces d’eau au sous-sol, fissures, âge du toit et des fenêtres, panneau électrique, odeur d’humidité. Ces observations vous disent s’il vaut la peine d’aller plus loin. Elles ne remplacent pas une inspection.

L’erreur qui coûte le plus cher

Renoncer à l’inspection pour gagner une surenchère.

Quand plusieurs acheteurs se disputent une propriété, la tentation est forte de déposer une offre sans condition d’inspection pour être plus attrayant. C’est efficace. C’est aussi le pari le plus risqué de tout le processus.

Une fondation à reprendre, une toiture complète, un système électrique non conforme, une contamination du sol: ce sont des montants à cinq chiffres, parfois six. Vous les découvrez après la signature, et vous n’avez aucun recours contre le vendeur pour un problème qu’une inspection normale aurait révélé.

Si vous devez absolument déposer sans condition, faites-le seulement si vous avez pu faire inspecter avant la date des offres, ou si vous avez les liquidités pour absorber une mauvaise surprise majeure.

Comment choisir votre inspecteur

Au Québec, la profession n’est pas encadrée par un ordre professionnel de la même façon que les architectes ou les ingénieurs. La qualité varie donc beaucoup.

Ce qu’il faut vérifier:

Et surtout: soyez présent pendant l’inspection. Le rapport écrit est utile, mais ce que l’inspecteur vous dit en pointant les choses vaut souvent davantage. Prévoyez deux à trois heures.

Ce que l’inspection ne couvre pas

Une inspection est visuelle. L’inspecteur ne perce pas les murs, ne soulève pas les tapis et ne déplace pas vos meubles. Il ne se prononce pas non plus sur la conformité au zonage, sur la valeur de la propriété, ni sur les vices cachés au sens juridique.

Elle réduit le risque, elle ne l’élimine pas. C’est pour cette raison que les déclarations du vendeur, le certificat de localisation et le procès-verbal des assemblées de copropriété comptent tout autant.

Pour la suite, lisez la liste de vérification d’inspection et les signaux d’alarme qui justifient de se retirer.


Vous avez un rapport d’inspection en main et vous ne savez pas si le problème est majeur ou normal? Envoyez-le-moi. Je vous dirai franchement ce qui mérite une renégociation.


Georges Matar
Georges Matar

Courtier Immobilier Résidentiel · RE/MAX DU CARTIER INC.

Contacter Georges