
Contrat de courtage vente au Québec: clause par clause
Le jour où vous inscrivez votre propriété, on vous présente un document de onze pages, et la plupart des vendeurs …
Guide du vendeur

Personne ne vend une maison parce qu’un indice a bougé. On vend parce que quelque chose a changé chez soi: une chambre de plus ou de moins, un emploi ailleurs, une lettre du prêteur, un escalier devenu long. Voici les six signaux qui reviennent le plus souvent chez les vendeurs de Laval et de Montréal, et le document qui permet de les vérifier au lieu de les ressentir.
Certaines échéances viennent de l’extérieur et imposent leur calendrier. Cinq d’entre elles sont traitées dans cinq cas où garder coûte plus cher que vendre. Les signaux qui suivent sont l’inverse: rien ne vous force, personne ne vous relance, et c’est pour cela qu’on les reporte pendant des années.
Dans les six cas, le signal arrive sous forme d’impression: la maison est « trop grande », le trajet est « devenu long », l’entretien est « lourd ». Une impression ne se compare pas à un produit de vente. Un chiffre, oui.
| Signal | Ce qui le confirme sur papier |
|---|---|
| Taille du ménage | Les pièces réellement utilisées chaque semaine |
| Emploi ailleurs | La durée du trajet, mesurée à l’heure de pointe |
| Renouvellement | La lettre du prêteur: solde, terme, nouveau versement |
| Entretien | Les heures et les factures des douze derniers mois |
| Mobilité | La liste des pièces qui exigent un escalier |
| Attachement | L’analyse comparative des ventes récentes |
Le ménage bouge, la maison reste. Statistique Canada a diffusé le 13 juillet 2022 les données du Recensement de 2021 sur les ménages. Les ménages d’une seule personne y occupent le premier rang au pays, à 29 %, soit un peu moins de trois ménages sur dix. Le Québec affiche la plus forte proportion d’adultes vivant seuls dans les ménages privés, à 19 %. Le mouvement va aussi dans l’autre sens: 986 400 ménages canadiens regroupaient en 2021 plusieurs générations, plusieurs familles ou une famille accompagnée d’autres personnes, une hausse de 45 % en vingt ans.
Ces chiffres ne décrivent pas votre maison. Ils décrivent la vitesse à laquelle un ménage se recompose, pendant que le nombre de chambres ne bouge pas.
Une étude de Statistique Canada diffusée le 16 février 2026 sur la mobilité interne classe les motifs de déménagement: un logement plus grand ou de meilleure qualité vient en tête, cité par 25,3 % des ménages ayant déménagé, suivi de l’accession à la propriété à 19,2 %, puis, à égalité à 13,5 %, d’un quartier plus agréable et d’un changement dans la taille du ménage.
Le test se fait en une semaine: notez chaque soir les pièces que quelqu’un a réellement utilisées. Une chambre d’ami occupée trois nuits par année, un sous-sol où plus personne ne descend et un garage double pour une voiture sont des mètres carrés que vous chauffez, assurez, entretenez et payez en taxes.
Dans la même étude du 16 février 2026, l’emploi domine dès que la distance grandit: 42,5 % des personnes ayant changé de province ont cité un nouvel emploi ou une mutation, et 27,6 % la proximité de la famille. La qualité du logement, premier motif des déménagements à l’intérieur d’une province, y tombe à 4,5 %.
Le trajet, lui, se mesure. Selon les données sur le navettage diffusées par Statistique Canada le 26 août 2025, 82,6 % des personnes occupées se déplaçaient pour le travail en mai 2025, la durée moyenne du navettage s’établissait à 26,7 minutes, et la proportion de personnes travaillant principalement à domicile reculait à 17,4 %, contre 18,7 % un an plus tôt.
Ce recul du télétravail est le vrai signal. Beaucoup de maisons achetées entre 2020 et 2022 l’ont été en supposant deux ou trois jours à la maison par semaine. Quand l’employeur revient à cinq, la maison n’a pas changé, mais le calcul qui l’a justifiée, oui. Faites l’addition sur une année: minutes ajoutées par jour, fois les jours de présence, fois les semaines travaillées. Aucune donnée publique ne me permet de dire à partir de combien de minutes un trajet devrait faire vendre une maison. C’est votre total annuel qui répond, pas une moyenne nationale.
La SCHL a publié le 12 mai 2026 l’édition du printemps de son Rapport sur le secteur des prêts hypothécaires résidentiels. On y lit que le nombre d’emprunteurs qui renouvellent en 2026 est inférieur de 13 % à celui de 2025, et que le versement hypothécaire mensuel typique est passé de 1 784 $ au quatrième trimestre de 2024 à 1 852 $ au quatrième trimestre de 2025, soit une hausse de 3,81 % sur un an.
Ces chiffres sont nationaux. Le vôtre est dans la lettre de renouvellement: solde, amortissement résiduel, versement proposé. Reprenez ce calcul avec le calculateur hypothécaire, puis posez la vraie question: qu’est-ce que vous cessez de faire pour payer la différence?
Un versement qui monte n’est pas en soi une raison de vendre. Il devient un signal le jour où il gruge ce que la maison était censée rendre possible: l’épargne, les vacances, la marge pour une réparation. Le taux, la pénalité et la transférabilité du prêt se discutent avec votre prêteur ou un courtier hypothécaire certifié par l’Autorité des marchés financiers, pas avec un courtier immobilier.
Le Dictionnaire du Recensement de 2021 définit l’état du logement comme les besoins de réparation, et précise que la notion « ne comprend pas les rénovations désirées ni les ajouts ». Les réparations majeures visent les logements « où la plomberie ou l’installation électrique est défectueuse » et ceux « qui ont besoin de réparations à la charpente des murs, planchers ou plafonds ».
Notez ce que cette définition laisse de côté. Elle mesure ce qui est brisé, pas la fatigue de celui qui déneige, calfeutre, ouvre et ferme la piscine et court après un entrepreneur. Aucune statistique publique ne chiffre cette fatigue, qui est pourtant l’une des raisons qu’un vendeur finit par nommer.
Le document qui la rend visible, vous l’avez déjà: les factures des douze derniers mois et vos heures. Additionnez les deux, puis comparez au calendrier des durées de vie décrit dans le coût d’entretien d’une maison au Québec. Si la toiture, le revêtement et le drain arrivent ensemble dans les cinq prochaines années, la question n’est plus « est-ce lourd », elle est « est-ce que je veux financer ces chantiers ici ».
La SCHL consacre une section au fait de vieillir chez soi, qu’elle définit comme la capacité de demeurer dans son logement de façon sécuritaire et autonome. Elle y traite des options de logement pour aînés, de l’adaptation du domicile et du financement pour les 55 ans et plus. Sa page destinée aux consommateurs ne donne pas de statistique québécoise, et je n’en avancerai donc aucune.
L’inventaire, lui, se fait en dix minutes: la liste des pièces que vous ne pouvez pas atteindre sans monter ou descendre un escalier. Un bungalow dont la seule salle de bain complète est au sous-sol ne pose pas le même problème qu’un condo au troisième sans ascenseur. L’un se règle par des travaux, l’autre par un déménagement.
Le coût d’une adaptation dépend des travaux et de l’état du bâtiment, et aucun barème public ne vaut pour toutes les maisons. Faites évaluer la chose par un ergothérapeute et par un entrepreneur détenteur d’une licence de la Régie du bâtiment du Québec, puis comparez ce devis au coût de vendre et de racheter. Deux factures, pas un jugement sur votre autonomie.
C’est le signal le plus difficile, parce qu’il ne se présente pas comme un signal, mais comme un prix. « J’ai mis 60 000 $ dans la cuisine. » « Le voisin demande tel montant. » « Je ne la donnerai pas. »
L’OACIQ est clair sur la méthode. Pour déterminer la juste valeur marchande, le courtier doit notamment procéder à une analyse comparative avec d’autres propriétés semblables récemment vendues dans le même secteur, et le prix doit refléter la réalité du marché. Lorsqu’il conseille son client vendeur sur la valeur d’un immeuble, il doit émettre une opinion « fondée et motivée conformément aux usages et aux règles de l’art »: c’est l’article 76 du Règlement sur les conditions d’exercice d’une opération de courtage, sur la déontologie des courtiers et sur la publicité. L’OACIQ ajoute que le courtier doit, pendant la durée du contrat, conseiller le vendeur pour qu’il ajuste le prix selon l’évolution du marché.
Le marché donne un repère daté. Dans son communiqué du 4 septembre 2026, l’APCIQ rapporte pour août, dans la région métropolitaine de Montréal, 2 853 ventes résidentielles, en baisse de 13 % sur un an, et 20 128 inscriptions actives, en hausse de 18 %. Délais de vente médians: 42 jours pour l’unifamiliale, 62 jours pour la copropriété, soit 12 de plus qu’un an plus tôt, et 52 jours pour le plex. Ce sont des médianes passées, pour un mois donné. Elles ne prédisent ni votre délai ni votre prix.
La méthode d’audit d’un prix est détaillée dans comment auditer les comparables du voisin. Retenez ceci: l’attachement ne se corrige pas en baissant le prix à contrecœur après huit semaines. Il se corrige en regardant les ventes conclues avant d’afficher.
Notre dernier enfant part en appartement. Faut-il vendre tout de suite? Rien ne l’impose. Faites l’inventaire d’une semaine des pièces utilisées, puis additionnez le coût annuel des mètres carrés devenus inutiles: chauffage, taxes, assurance, entretien. Si ce total vous surprend, la conversation vaut la peine.
Mon versement augmente au renouvellement. Est-ce un signal de vendre? Pas à lui seul. La SCHL montre une hausse du versement typique au pays, mais le chiffre qui compte est celui de votre lettre. Comparez l’écart annuel à votre marge budgétaire, et validez vos options de terme et de prêteur avec un courtier hypothécaire avant de conclure sur la maison.
Je trouve le prix suggéré trop bas pour ma maison. Que faire? Demandez les comparables. Le courtier doit appuyer son opinion sur des ventes récentes de propriétés semblables dans le même secteur, et pouvoir la motiver. Si ces ventes ne vous convainquent pas, discutez des ajustements poste par poste plutôt que du chiffre final.
Nous voulons accueillir un parent âgé. Agrandir ou changer de maison? Les deux se chiffrent. Faites établir un devis, vérifiez le règlement municipal, puis comparez avec le coût total d’une vente suivie d’un achat. Le zonage et le permis tranchent souvent avant le budget.
Pour compléter, lisez vendre la maison familiale et passer à plus petit et la déduction des frais de déménagement et la règle des 40 km.
Un de ces six signaux est apparu chez vous cette année? Écrivez-moi. On met vos chiffres sur une page avant même de parler de mise en marché.

Courtier Immobilier Résidentiel · RE/MAX DU CARTIER INC.
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